Le doctorat est une formation à la recherche par la recherche, un processus qui nécessite un soutien collectif. On dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant — il en va de même pour former un chercheur ou chercheuse. Les promoteurs et promotrices occupent une place centrale dans ce processus : il a par exemple été démontré que la supervision exerce une influence significative sur la persévérance doctorale (Wollast et al., 2023), l'obtention du doctorat (Cornér, Löfström, & Pyhältö, 2023), le bien-être des doctorantes et doctorants, ainsi que sur leur productivité en recherche (Paglis, Green & Bauer, 2006).
Cependant, la réussite d’un doctorat ne repose pas uniquement sur cette relation clé. La communauté académique au sens large est tout aussi importante. Les co-promoteurs ou co-promotrices, les collègues de laboratoire, ainsi que les mentors apportent un soutien émotionnel, informationnel et pratique précieux dont les doctorants et doctorantes ont besoin tout au long de leur parcours (Cornér, Pyhältö, Peltonen, & Bengtsen, 2018; McAlpine, 2013)
L’objectif de cette section est d’analyser les pratiques d’encadrement doctoral à travers les données recueillies auprès des titulaires de doctorat de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). La première partie de ces analyses se focalise sur le rôle des promoteurs et promotrices dans l’accompagnement des doctorants et doctorantes. La seconde examine l’apport du comité d’accompagnement, en tant qu’instance de soutien et de suivi. Plus spécifiquement, il s’agit de mettre en lumière les conditions dans lesquelles les doctorants et doctorantes ont été encadrées. En croisant plusieurs dimensions telles que la charge d’encadrement des promoteurs ou promotrices, la fréquence des rencontres, le degré de satisfaction, l’utilité du comité d'accompagnement et le soutien perçu pour l'après-thèse, ce rapport vise à dégager des tendances et proposer des pistes d’amélioration pour renforcer la qualité de l’encadrement doctoral.
Qui sont les chercheurs et chercheuses interrogées ?
Les données utilisées dans ce rapport proviennent de l’étude « Devenir des titulaires de doctorat », menée par l'Observatoire et lancée en janvier 2022 en collaboration avec l’ensemble des universités francophones de Belgique. Bien que l’enquête s’adressait aux personnes diplômées entre janvier 2012 et mai 2021, les questions portant spécifiquement sur l’encadrement doctoral n’ont été posées qu’à celles diplômées entre juin 2018 et mai 2021. Étant donné la thématique de ce rapport, seules les réponses de ces personnes ont été prises en compte dans les analyses présentées ci-après.
L’échantillon final se compose donc de 857 titulaires de doctorat (46,5% de femmes, n = 398) issus des universités francophones de Belgique et de tous les domaines de recherche. Leur âge moyen est de 35,1 ans (SD = 6,1). Ces personnes ont obtenu leur doctorat au cours des 2,6 années précédant l'enquête (SD = 1.0) (en utilisant 2022 comme référence). La plus grande part des personnes ayant répondu (43,4%, n = 372) sont des titulaires de doctorat en Sciences exactes et naturelles (SEN), contre 31,3% (n = 268) en Sciences humaines et sociales (SHS) et 25,3% (n = 217) en Sciences de la vie et de la santé (SVS). La majorité de nos répondantes et répondants possèdent la nationalité belge (57,2 %, n = 490) et 40,2% (n = 322) ont indiqué travailler en dehors de la Belgique au moment de l'enquête.
Nous avons demandé aux titulaires de doctorat combien d’autres doctorantes et doctorants étaient encadrés simultanément par leur promotrice ou promoteur, en moyenne, pendant la durée de leur formation doctorale. La plupart des personnes ayant répondu, tous domaines de recherche confondus, ont indiqué que leur promoteur ou promotrice encadrait généralement entre 1 à 2 ou 3 à 4 doctorants ou doctorantes en plus d’elles-mêmes.
La figure ci-dessous présente la répartition du nombre de doctorantes et doctorants encadrés simultanément par un même promoteur ou une même promotrice, selon le domaine de recherche. Pour en faciliter l’interprétation, les effectifs ont été regroupés en trois catégories : 0 à 2, 3 à 4, et 5 ou plus.
Les analyses confirment l’existence d’un lien significatif entre le domaine de recherche et le nombre de doctorantes et doctorants encadrés simultanément. Les promoteurs et promotrices en SHS semblent encadrer un nombre moins élevé de personnes, tandis que ceux et celles en SEN et en SVS ont tendance à fonctionner en groupes plus larges, encadrant un plus grand nombre de doctorants et doctorantes en parallèle.
📌 Résumé : Nombre de doctorantes et doctorants encadrés simultanément
La plupart des personnes ont indiqué que leur promoteur ou promotrice encadrait généralement entre 1 à 2 ou 3 à 4 doctorantes ou doctorants en plus d’eux-mêmes.
Il existe un lien entre le domaine de recherche et le nombre de doctorants encadrés simultanément : SHS = Moins de personnes encadrées par promoteur ou promotrice ; SEN et SVS = Encadrement en plus grands groupes
Fréquence des rencontres : Nous avons interrogé des titulaires de doctorat (n = 836) sur la fréquence de leurs échanges avec leur promoteur ou promotrice (en présentiel ou à distance) afin de discuter de leur projet de recherche. Les réponses montrent une grande diversité : certaines personnes rencontrent leur promoteur ou promotrice plusieurs fois par semaine (n = 178), tandis que d’autres n’ont des contacts qu’une fois par mois (n = 156), voire moins (n = 168).
Lorsqu’on examine la fréquence des rencontres selon le domaine de recherche, on observe que les personnes en doctorat en SHS échangent moins fréquemment avec leur promoteur ou promotrice que celles issues d'autres disciplines. Alors que près de la moitié des personnes en SEN et SVS évoquent des rencontres au moins une fois par semaine, 60 % des doctorants et doctorantes en SHS déclarent n’avoir eu qu’un contact mensuel, voire moins.
Correspondance entre la fréquence des rencontres et les attentes : La littérature souligne l’importance de l’adéquation entre le soutien attendu par les doctorantes et doctorants et celui réellement reçu. Un soutien mal ajusté, c’est-à-dire perçu comme insuffisant ou inadapté est souvent lié à un sentiment d’insatisfaction (Pyhältö, Vekkaila, & Keskinen, 2015). Par exemple, une rencontre mensuelle avec son promoteur peut sembler suffisante si elle correspond aux attentes d'une doctorante, mais paraître trop espacée si un accompagnement plus soutenu est souhaité — ou, à l’inverse, trop fréquente si la doctorante aspire à davantage d’autonomie. C’est pourquoi nous avons demandé aux titulaires de doctorat si la fréquence des rencontres correspondait à ce qu’ils ou elles espéraient. Les résultats montrent que pour la grande majorité, la fréquence des rencontres correspondait à leurs attentes.
Parmi les 144 personnes (17,3%) ayant exprimé le souhait de rencontres plus fréquentes avec leur promoteur ou promotrice, plus de la moitié (56,3%) déclaraient ne le ou la voir qu’une fois par mois ou moins. Seuls 13% des doctorantes et doctorants rencontrant leur promoteur ou promotrice moins d’une fois par mois se disent satisfaits de cette fréquence. Si l’on se focalise sur le profil de ces 144 personnes ayant exprimé le souhait de rencontres plus fréquentes, on constate que 52,8% sont des femmes. La majorité sont issues du domaine des SEN (43,8%), suivies des SHS (34%) et des SVS (22%).
Une régression logistique a permis d’identifier les variables significatives associées à la probabilité d’appartenir au groupe des personnes ayant rencontré leur promoteur ou promotrice « autant qu’elles le souhaitaient », par opposition à celles l’ayant vu moins souvent. L’analyse, contrôlant pour le genre, le domaine de recherche et la fréquence des rencontres (classée en trois niveaux : (1) élevée (au moins une fois par semaine); (2) régulière (une à deux fois par mois); et (3) rare (moins d’une fois par mois), révèle les résultats suivants :
Avoir des réunions moins d’une fois par mois (« rare ») diminue significativement la probabilité de faire partie du groupe « autant que je souhaitais » (OR = 0,02); p < 0,001), en comparaison avec une fréquence élevée (au moins une fois par semaine).
La fréquence de réunions régulière d’une à deux fois par mois a également un effet négatif significatif sur cette probabilité (OR = 0,09 ; p < 0,001), comparativement aux rencontres fréquente au moins d'une fois par semaine.
Être dans le domaine des SHS augmente la probabilité de faire partie du groupe « autant que je souhaitais » (OR = 2,53 ; p < 0,001), en comparaison avec les (SEN).
Ces résultats suggèrent qu’il serait pertinent, tous domaines confondus, de viser au minimum une rencontre mensuelle avec son promoteur ou sa promotrice, tout en tenant compte des attentes spécifiques du ou de la doctorante. Il convient également de souligner que les besoins en encadrement peuvent varier selon le domaine de recherche et peuvent évoluer selon les étapes du doctorat : une personne généralement autonome peut, par exemple, avoir besoin d’un accompagnement renforcé lors de la phase de rédaction (McAlpine & McKinnon, 2013).
📌 Résumé : Fréquence des rencontres
Les réponses montrent une grande diversité : certaines personnes rencontrent leur promoteur ou promotrice plusieurs fois par semaine (n = 178), tandis que d’autres n’ont des contacts qu’une fois par mois (n = 156), voire moins (n = 168).
Les doctorants et doctorantes en SHS rencontrent moins fréquemment leur promoteur ou promotrice que ceux en SEN ou SVS.
Pour la grande majorité des doctorantes et doctorants, la fréquence des rencontres correspondaient à leurs attentes. Mais 17,3% des titulaires de doctorat interrogés auraient souhaité des rencontres plus régulières avec leur promoteur ou promotrice.
Une faible fréquence de rencontre (<1 fois/mois) est très fortement corrélée à l’insatisfaction de la fréquence des rencontres.
Nous avons interrogé les titulaires de doctorat sur le soutien apporté par leur promoteur ou promotrice à leur préparation à l’après-thèse. Selon ces résultats, 47,7% d’entre eux estiment que leur promoteur ou promotrice leur a fourni des conseils utiles pour leur avenir professionnel. En revanche, l’aide à la construction d’un projet professionnel recueille le plus faible taux d’accord, avec seulement 27,6% de réponses favorables.
Les titulaires de doctorat ont été invités à évaluer leur satisfaction vis-à-vis de l'encadrement de leur promoteur ou promotrice. Les personnes interrogées ont exprimé leur degré de satisfaction sur une échelle de cinq points allant de 1 = très insatisfait à 5 = tout à fait satisfait. Une proportion importante (79,9%) des titulaires de doctorat se déclarent (plutôt ou tout à fait) satisfaits de l'encadrement de leur promoteur ou promotrice. Ce pourcentage ne varie que peu selon le domaine de recherche.
Relation entre la fréquence des rencontres et la satisfaction par rapport à l'encadrement du promoteur ou promotrice : On observe une relation positive entre la fréquence des rencontres avec le promoteur ou la promotrice et le niveau de satisfaction des doctorants. Celles et ceux qui se déclarent les plus satisfaits sont également ceux qui bénéficient d’un suivi régulier, à raison d’au moins une rencontre hebdomadaire. À l’inverse, la proportion de personnes satisfaites diminue de manière significative dès que la fréquence des rencontres passe d’une fois par mois (77,6%) à moins d’une fois par mois (52,4%). Ces résultats indiquent qu’il serait, de manière générale, judicieux de viser un minimum d’une rencontre mensuelle afin d’optimiser la qualité de l’encadrement doctoral. Cependant, il est également important de noter que la fréquence idéale peut varier en fonction des besoins individuels, du stade d’avancement du projet ou encore du contexte disciplinaire. Adopter une approche flexible, centrée sur le projet et sur le doctorant ou doctorante, permettrait ainsi d’optimiser la pertinence et l’efficacité des échanges.
Nous avons demandé aux titulaires de doctorat si leur promoteur ou promotrice était la personne qui assurait leur encadrement au quotidien pendant leur doctorat. Parmi les personnes interrogées (n = 837), 30,2% ont répondu que leur promoteur ou promotrice n’était pas la personne qui assurait leur encadrement quotidien. Ce chiffre varie de 25,9% pour les SHS à 35,7% pour les titulaires de doctorat en SVS, qui présentent le pourcentage le plus élevé. Cela peut s’expliquer par la structure des grandes équipes de recherche, où l’encadrement quotidien est partagé avec d’autres membres du laboratoire, tels que des postdocs ou des logisticiens ou logisticiennes de recherche.
Dans l'enquête, un mentor était défini comme "une personne d’expérience qui vous guide, vous conseille et vous soutient en cas de doute ou d’échec afin de favoriser le développement de votre carrière". Nous avons ensuite demandé aux répondantes et répondants d'identifier la ou les personnes ayant joué ce rôle au cours de leur doctorat et/ou dans la période suivant la soutenance. Dans le cadre de cette question, les participantes et participants avaient la possibilité de sélectionner plusieurs réponses.
Parmi les titulaires de doctorat ayant répondu à cette question (n = 1156), un peu plus de la moitié (54,5%) ont désigné leur promoteur ou promotrice comme mentor, tandis que 20,9% ont mentionné leur co-promoteur ou co-promotrice. Il est également à noter que 241 personnes (20,9%) ont indiqué ne pas avoir un mentor. Parmi les personnes ayant sélectionné la catégorie « autre », le groupe le plus fréquemment mentionné était un membre de leur famille.
📌 Résumé : Soutien de la part du promoteur ou de la promotrice
Seuls 47,7% des titulaires de doctorat estiment avoir reçu des conseils utiles pour leur avenir professionnel. 27,6% seulement ont été aidés pour construire un projet professionnel.
54,5% des titulaires de doctorat considèrent leur promoteur ou promotrice comme mentor.
30,2% déclarent que leur promoteur ou promotrice n’assurait pas l’encadrement quotidien, surtout en SVS (35,7%).
79,9% déclarent être satisfaits de l’encadrement de leur promoteur ou promotrice. La plupart entre celles et ceux qui se déclarent satisfaits sont également ceux qui bénéficient d’un suivi régulier, à raison d’au moins une rencontre hebdomadaire. À l’inverse, la proportion de personnes satisfaites diminue de manière importante dès que la fréquence des rencontres passe d’une fois par mois à moins d’une fois par mois.
Bien que les relations de supervision individuelles soient un facteur clé de réussite du doctorat, le suivi de la thèse avec un comité d'accompagnement qui implique la collaboration entre plusieurs encadrants et encadrantes, apportant chacun et chacune une contribution complémentaire, s’est largement formalisé et systématisé au fil des années (Pyhältö, Tikkanen, & Anttila, 2024). En FWB, le comité d’accompagnement reflète cette dynamique collaborative. Il est composé du promoteur ou de la promotrice et d'au moins deux membres titulaires d’un doctorat. Sa mission est de guider le doctorant ou doctorante dans l’orientation de ses recherches, d’élargir son réseau scientifique et de contribuer à l’élaboration de son programme de formation. Les membres s’engagent à un suivi régulier et à un dialogue constant tout au long du parcours doctoral. De plus, les règlements universitaires précisent explicitement que le comité doit se réunir "au moins une fois par an".
Fréquence des rencontres : Nous avons interrogé des titulaires de doctorat (n = 836) sur la fréquence de leurs échanges avec leur comité d'accompagnement (en présentiel ou distanciel) afin de discuter de leur projet de recherche. Plus de la moitié des personnes interrogées déclarent rencontrer leur comité de thèse "une fois par an". Toutefois, 5,5% indiquent ne l'avoir jamais rencontré et, pour 28,8% des répondantes et répondants, la fréquence était "moins d'une fois par an".
La fréquence des rencontres avec le comité d'accompagnement varie selon le domaine de recherche. Les personnes en doctorat en SVS échangent plus régulièrement avec leur comité d'accompagnement que celles issues d'autres disciplines. Ainsi, 41,7% des personnes en SEN et 36,7% en SHS rencontrent leur comité moins d'une fois par an, voire jamais, contre 18,9% des doctorants et doctorantes en SVS.
Ces résultats sont interpellants. Bien que la tenue d’au moins une réunion par an soit prévue dans tous les règlements universitaires, les données démontrent que cette exigence n’est pas respectée en pratique. Il apparaît donc essentiel de renforcer la régularité des réunions du comité d’accompagnement, compte tenu de la faible fréquence des rencontres signalée par certains titulaires de doctorat.
Utilité du comité d'accompagnement : Nous avons demandé aux titulaires de doctorat (n = 836) si leur comité d'accompagnement a été utile à l'avancement de leur recherche tout au long du doctorat. Pour 36,6% des titulaires de doctorat, le comité d'accompagnement n'a pas été (pas du tout ou pas très) utile. Ce pourcentage est de 43% pour les titulaires de doctorat en SEN contre 31,5% des SVS et 32% des SHS.
Relation entre la fréquence des rencontres et la perception de l'utilité du comité d'accompagnement : On observe une relation positive entre la fréquence des rencontres avec le comité de thèse et la perception de son utilité. Les personnes qui jugent le comité de thèse utile sont également celles qui le rencontrent plus fréquemment (au moins une fois par an). Ces résultats suggèrent qu’en règle générale, il serait pertinent de viser au minimum une rencontre annuelle avec le comité, afin de maximiser son apport.
📌 Résumé : Comité d’accompagnement : fréquence et utilité
Plus de la moitié des titulaires de doctorat ont rencontré leur comité une fois par an, tandis que 34,3% ont rencontré leur comité moins d'une fois par an, voire jamais.
Davantage de régularité en SVS (seulement 18,9% avec peu ou pas de rencontres).
43% des titulaires de doctorat en SEN jugent le comité peu ou pas utile. Ce taux est moins élevé en SVS (31,5%) et SHS (32%).
Il existe une corrélation positive entre la fréquence des rencontres et la perception de l'utilité du comité d'accompagnement.
Il est pertinent d’examiner les variables susceptibles d’influencer le niveau de satisfaction des titulaires de doctorat vis-à-vis de leur encadrement. Est-ce la fréquence des réunions ? Le soutien apporté pour l’après-thèse ? Le nombre de doctorants ou doctorantes encadrées par le promoteur ou la promotrice ? Ou encore certaines disciplines sont-elles associées à une meilleure perception de l’encadrement ?
Pour répondre à ces questions et identifier les facteurs corrélés à la probabilité d'appartenir au groupe des titulaires de doctorat s’étant déclarés « tout à fait satisfaits » de l’encadrement de leur promoteur ou promotrice (soit 48,4 %), des modèles de régression logistique ont été réalisés. L’analyse a été menée par étapes :
Étape 1-variables démographiques : le genre (femme = 1), l’âge, et la nationalité (Belge = 1).
Étape 2-variables liées au doctorat : le grand domaine de recherche (SHS, SVS, référence : SEN), le nombre d’années écoulées depuis l’obtention du doctorat, la durée du doctorat, et le fait d’avoir bénéficié d’un financement pendant le doctorat (oui = 1).
Étape 3-variables relatives à l’encadrement : la fréquence des rencontres avec le promoteur (régulière, rare ; référence : fréquent), la satisfaction vis-à-vis de cette fréquence (oui = 1), le nombre de doctorants encadrés (5 ou plus ; 3-4 ; référence : 0-2), le fait que le promoteur ou la promotrice assure l’encadrement au quotidien (oui = 1), qu’il ou elle soit considérée comme mentor (oui = 1), ainsi que la moyenne de trois items mesurant le soutien pour l’après-thèse (voir ici).
Les résultats indiquent que le modèle a fourni une amélioration statistiquement significative par rapport au modèle comprenant uniquement le terme constant, χ2 (8) = 288,59, p<0,001. La qualité de l’ajustement comme indiqué par le pseudo R2 de Nagelkerke était de 0,43 (Cox and Snell = 0,32). Le tableau ci-dessous présente le modèle final qui a été privilégié.
L’analyse de régression révèle que, toutes choses étant égales par ailleurs, plusieurs facteurs influencent la probabilité pour un doctorant ou une doctorante de se déclarer « tout à fait satisfait(e) » de l’encadrement de son promoteur ou de sa promotrice :
Être de nationalité belge réduit cette probabilité.
Le nombre d’années passées à poursuivre le doctorat diminue de manière significative la probabilité d’être très satisfait ou satisfaite.
La fréquence des rencontres avec le promoteur ou la promotrice joue également un rôle important. En effet, les doctorants et doctorantes qui ont des rencontres rares ou occasionnelles avec leur promoteur ou promotrice sont moins susceptibles de se déclarer totalement satisfaites de leur encadrement, comparativement à ceux et celles bénéficiant de rencontres fréquentes.
Par ailleurs, la satisfaction quant à la fréquence de ces rencontres est un facteur clé : les personnes déclarant avoir rencontré leur promoteur ou promotrice autant qu'elles souhaitaient ont une probabilité beaucoup plus élevée d’appartenir au groupe des doctorants « tout à fait satisfaits » de leur encadrement.
De plus, l’implication du promoteur ou de la promotrice dans l’encadrement quotidien constitue également un facteur positif qui augmente la probabilité d'être très satisfait(e).
Enfin, les doctorants et doctorants percevant un accompagnement actif pour leur avenir professionnel après la thèse sont plus susceptibles de se déclarer très satisfaits.
Le graphique ci-dessus montre plus visuellement quelles variables sont associées à la satisfaction vis-à-vis du promoteur ou de la promotrice, ainsi que le degré de certitude de ces résultats. Les carrés représentent l’effet de chaque variable sur la satisfaction. Les barres horizontales correspondent aux intervalles de confiance, c’est-à-dire le degré de précision de l’estimation. La ligne verticale de référence, placée à 1, indique l’absence d’effet. Si l’intervalle de confiance inclut 1 et croise donc la ligne, cela signifie que l’effet de la variable n’est pas statistiquement significatif. L’odds ratio (OR) compare la probabilité d’être satisfait selon deux groupes :
Un OR de 1 signifie que la satisfaction est aussi probable dans les deux groupes (tout à fait satisfait vs autres).
Un OR supérieur à 1 indique que le groupe étudié (ex : doctorants satisfaits de la fréquence des rencontres) a plus de chances d’être tout à fait satisfait que le groupe de référence (ex. doctorants insatisfaits de la fréquence des rencontres).
Un OR inférieur à 1 indique au contraire que le groupe étudié (ex : suivi rare) a moins de chances d’être tout à fait satisfait que le groupe de référence (ex : suivi fréquent).
En somme, la satisfaction des doctorantes et doctorants semble être fortement liée à l’implication concrète des promoteurs et promotrices, tant en termes de temps (fréquence et régularité des rencontres, présence pour l'encadrement quotidien) que de soutien, notamment pour la suite du parcours professionnel. Le facteur qui ressort le plus clairement est la satisfaction vis-à-vis de la fréquence des rencontres : ce n’est pas uniquement la fréquence objective qui compte, mais surtout la perception positive qu’en ont les doctorants et doctorantes. Et aucun effet significatif du nombre de doctorants encadrés n’a été observé. Il convient de souligner que ce type d’analyse permet d’identifier des corrélations entre variables, et non des relations de causalité.
Ces résultats, issus des réponses de 857 titulaires de doctorat de la FWB, apportent un éclairage sur les conditions d’encadrement vécues durant le doctorat. En examinant plusieurs dimensions, telles que la charge d’encadrement des promoteurs et promotrices, la fréquence des rencontres, le degré de satisfaction, l'utilité du comité d'accompagnement et le soutien perçu pour l’après-thèse, cette analyse met en évidence des tendances clés et identifie des leviers d’amélioration pour renforcer la qualité de l’encadrement doctoral.
Cependant, il convient de souligner une limite importante de ces données: elles proviennent exclusivement de personnes ayant soutenu leur thèse avec succès. Nous ne disposons d’aucune information sur les doctorantes et doctorants ayant abandonné leur parcours doctoral. Par conséquent, ces résultats ne sont pas nécessairement représentatifs de l’ensemble de la population doctorale en FWB et doivent être interprétés avec une certaine prudence. De plus, il faut rester prudent quant à l'interprétation de ces résultats : ni la causalité, ni la direction des effets, qu’ils soient unidirectionnels ou bidirectionnels, ne peuvent être déduites de ces données.
Malgré ces limites, l’analyse permet de dégager plusieurs pistes d’amélioration. Elle souligne notamment l’importance de clarifier les attentes en matière de suivi, de favoriser des échanges réguliers et adaptés aux besoins spécifiques des doctorants et doctorantes, et de mieux définir le rôle du comité d’accompagnement dans l’avancement du projet doctoral. Sur cette base, plusieurs recommandations peuvent être formulées. Vous pouvez consulter ces recommandations en cliquant sur le bouton ci-dessous:
Autrice
Neda Bebiroglu, Conseillère scientifique et coordinatrice, Observatoire de la Recherche et des Carrières Scientifiques
Contact
🌐https://observatoire.frs-fnrs.be
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